Blog se rapportant au territoire du Valjouffrey, entièrement inclus dans le grand Parc des Ecrins. Il traite de la vie locale passée présente et future, de la protection de l'environnement, plus particulièrement de l'eau.
Les derniers jours du glacier.
Ce tableau du peintre Merle datant de 1903 donne une idée du glacier à l'automne.
Agrandissement local du tableau.
On l’a vu dépérir d’année en année, âgé d’environ 20000 ans le glacier des Arias ne survivra pas à l’été 2019. Il est né avec la dernière glaciation celle de Wurm. Comment a-t-il pu se maintenir aussi longtemps, soumis à une exposition solaire aussi intense ? Cette situation sud-ouest l’exposait aux ardents rayons du soleil en toutes saisons. Même en hiver, ceux qui ont eu la chance de gravir ce vallon à ski ont pu constater par une journée ensoleillée, que le vallon se comportait comme un vaste four solaire. Malheur à celui ou celle qui avait oublié ses lunettes de glacier à la maison !.
La Bonne Source va tenter d’expliquer la raison de cette longévité étonnante. Ce glacier perché à 3000m d’altitude était adossé à la face ouest des Arias ainsi qu’à l’arête rocheuse qui file vers le col des Arias.
Les vents d’est nord-est porteurs de neige balaient en remontant le glacier de La Mariande situé juste derrière, ramassant sur leur passage des tonnes de neige fraiche accumulées sur la glace. Ces vents accrochent de plein fouet l’arête du grand Vallon, tourbillonnent et déchargent leur cargaison de neige du l’autre côté, "dit côté sous le vent". Cette mécanique éolienne fabrique congères, corniches et plaques à vent bien connues et redoutées des skieurs de randonnée.
Le glacier des Arias aura bénéficié chaque année d’un apport de neige en provenance des nuages mais surtout en grande partie de son voisin le glacier de la Mariande exposé plein nord!
Vue printanière du glacier.
Ce phénomène courant se produit en miniature sous nos yeux chaque hiver derrière les palissades astucieusement disposées à proximité des routes par les cantonniers, pour rassembler de la neige ailleurs que sur la route.
Un autre phénomène a favorisé le maintien de la neige coté Grand vallon. Aux altitudes voisines de 3000m, il neige pratiquement tous les mois de l’année, pas assez pour nourrir le glacier en été mais suffisamment pour lui donner une blancheur éclatante suffisante pour réverbérer les rayons chauds du soleil.
En prime, en été la température nocturne à 3000m oscille autour de zéro degré.
Depuis quelques décennies, des chutes de neige plus faibles et des étés plus chauds ont causé un déficit d’alimentation La décrue s’est accélérée pour aboutir à ce que l’on observe aujourd’hui : la disparition totale du glacier.
Début octobre 2019
La magnifique pointe des Arias continuera cependant à s’orner chaque année d’un névé jusqu’en juillet-aout, pour combien de temps encore?
Selon les géologues Il faudra patienter 70000 mille ans avant de voir la vallée de Valjouffrey se remplir à nouveau d’une épaisse langue de glace qui s'étirera jusque dans les plaines.
Les hommes auront-ils disparus de la terre ? On peut le craindre au rythme avec lequel ils s’emploient à saccager la planète.
Cette lente décrue aura donné le jour de façon éphémère à un mini lac glaciaire. Ce lac s’est maintenu quelques années.
Lac des Arias. (photo de François Vallé 2011)