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Blog se rapportant au territoire du Valjouffrey, entièrement inclus dans le grand Parc des Ecrins. Il traite de la vie locale passée présente et future, de la protection de l'environnement, plus particulièrement de l'eau.

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Un torrent et des Hommes à VALJOUFFREY

 

Des travaux ont eu lieu sur le cône de déjection du torrent de  la Laisse à la suite des coulées de lave torrentielles des 21et 22 juillet 2015

Ci- dessus: l'ensemble du torrent, le cône de déjection, la trajet de la coulée, les maisons marquées d'une croix rouge. Cliquer sur l'image pour zoomer.

 

Le bord de la coulée a frôlé la maison la plus proche. Quatre personnes étaient à l'intérieur.

 

Zoomer pour voir la tourne au sommet du cône. Des mesures faites au milieu de cette vue ont montré que l'épaisseur de la langue de lave avoisinait six mètres.

 

Le cône de déjection de la Laisse est constitué de millions de m3 de matériaux provenant de son bassin d’alimentation supérieur. Cette construction naturelle a pris des millénaires après la fonte du glacier de la Bonne.

 

Les découvreurs de ce fond de vallée ont de façon intelligente choisi cet endroit pour s’établir. 

  Ils l’ont épierré pendant des siècles, faisant de ce cône de déjection un jardin d’une cinquantaine d’hectares arrosés par gravité à tous les étages. Ils y ont  aussi construit leurs habitations face au sud. 

Dans les années quatre-vingt, la commune a édifié un pare-avalanche au sommet du cône pour protéger le village. Pour cela il a fallu élever une digue en terre barrant entièrement le lit du torrent. La section de celui-ci  est passée à cet endroit de 300 m2 environ à 1m2 : la section  du tuyau métallique placé à la base sous la digue dévolue au passage de l’eau.

Après la construction de la digue, ce tube a constitué le seul passage pour les eaux de la Laisse. 

À plusieurs reprises à l’occasion de crues, ce tube s’est obstrué, le torrent a pris le chemin destiné aux avalanches. De l’eau et des rochers se sont retrouvés sur les terres. Ce scénario n’avait pas échappé à une trentaine d’habitants au moment du projet de construction de la digue. Une alerte formulée par écrit avait été transmise au commissaire enquêteur pour signaler ce risque lors de l’enquête d’utilité publique. Cette alerte est restée lettre morte… 

Il y a une quinzaine d’années, quelques crues mineures ont colmaté le tube sous la digue, raviné  et charrié des rochers sur les terres agricoles.  À la suite de ces évènements, un mur a été construit à l’endroit le plus étroit de la sortie du pare-avalanche, vraisemblablement pour arrêter quelques rochers avant qu’ils atteignent les terres. 

Ce n’est que trente-sept ans plus tard les 21 et 22 juillet 2015 que le torrent s’est comporté comme l’avaient prévu les signataires de l’alerte déposée la veille de la construction ! 

 Plusieurs jours de pluie consécutifs ont succédé à une période de sécheresse. Ces conditions particulières ont déclenché un phénomène qui ne s’était pas produit depuis des siècles : une coulée de lave torrentielle de plusieurs milliers de m3 est partie du bassin d’alimentation détrempé. 

Ce flot de boue constitué d’un mélange de matériaux de granulométrie diverse a dévalé sur 400m de dénivelé, le chenal d’écoulement. Cela a produit une boue de masse volumique voisine de 2t/m3 et de viscosité importante. Ce flot de lave compte tenu de la pente est arrivé avec beaucoup d’énergie  dans le pare-avalanche. (Cet ouvrage est souvent appelé « tourne »). 

Quatre facteurs ont contribué à absorber l’énergie cinétique de la lave et freiner la coulée. 

1)       La courbe imposée par la tourne. 

2)       Une diminution de pente sensible dans la tourne. 

3)      Un resserrement de la tourne  à la sortie.  

4)      La présence du mur barrant la tourne à l’endroit le plus étroit.

Mur tel qu'on peut le voir après les travaux

Même engorgé par une coulée, ce mur jouera un rôle néfaste, celui de diminuer la pente de  sortie de la tourne, donc favoriser l'accumulation des laves dans le système. 

Ces quatre facteurs conjugués sont à l’origine de la perte de charge et du ralentissement qui a provoqué l’amoncellement des laves à l’intérieur de la tourne. La  lave est montée  jusqu’au sommet  de la digue.  

Il est probable que ce phénomène de coulée de lave n'ait jamais été observé par l’homme, soit en relation avec le réchauffement de la planète observé ces dernières années et ses conséquences  sur le climat.  Il serait étonnant que les conditions qui lui ont donné naissance ne se reproduisent pas.  

Concernant le torrent, il faut donc s’attendre à de nouvelles récidives en relation avec les  perturbations climatiques observées. 

Le bassin d’alimentation d’une superficie de 5 km2 (500 ha) est capable d’alimenter des centaines de coulées semblables à celles de juillet, voire plus importantes.

Logiquement  après cette crue soudaine, l’urgence était de prendre des mesures de prévention pour atténuer les effets de nouvelles coulées.

Vue du bassin d'alimentation et de son chenal d'écoulement. Tout en haut le col de Cote Belle.

Cliquer sur l'image pour zoomer. 

La première étant de faciliter le passage des laves dans la tourne pour éviter son engorgement

Élargir la sortie de la tourne.   

Supprimer le mur faisant obstacle

Accentuer la pente de sortie

Or les travaux effectués, de toute évidence produiront l'effet inverse.  

On observe que la section de sortie de la tourne a été réduite d'environ  20% par une  charge de gros blocs plaqués du côté droit! (voir croquis à la fin de l'article). 

On constate  aussi que le mur est resté en place, en travers de la sortie du chenal ! 

Pour quelle raison ce bloc de granite d'une trentaine de tonne porté par la lave a été laissé au milieu de la sortie?

        Les causes de déclenchement des coulées ont-elles été analysées ?  

         La mécanique qui a abouti à l’engorgement de la tourne a-t-elle été comprise ? 

 Il est permis d'en douter au vu des dispositions prises.

 Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est à craindre qu’une prochaine coulée subissant  un ralentissement plus important dans le pare avalanche passe sur la digue et tombe sur les terres agricoles. Dans ce cas  la sécurité des habitations sises en aval serait gravement compromise! 

Les surverses de digues en terre sont généralement  immédiatement suivies de brèches. 

 

 Pourquoi encore avoir comblé à grands frais l'énorme  ravin creusé par le torrent ?

 

les hommes ayant fermé le lit du torrent celui-ci a creusé ce ravin impressionnant pour rejoindre la Bonne.  

Tous les torrents ont un lit. Celui-ci en est privé depuis la construction du pare-avalanche,  situation curieuse, assurément inédite.

Le ravin ouvert par le torrent, grossièrement  comblé  restera inculte tant qu’il ne sera pas épierré sur la profondeur convenable, comme l’avaient inlassablement fait à main d’homme, les premiers habitants pendant des siècles. Personne à l'heure actuelle n'est capable d'accomplir cette tâche.

 

Aspect actuel du ravin comblé, en phase d'ensemencement naturel,  sous les conseils du PNE

Est-il sérieux de qualifier ces cailloutis de prés de fauche?

À la prochaine crue importante, "le torrent sans lit" obéira à nouveau  aux lois de la physique et de la mécanique des fluides pour rejoindre la Bonne (Rivière de la vallée). Au mieux, Il passera à nouveau au même endroit  par les terres agricoles. Au pire, à côté, doublant ainsi la superficie des terres définitivement perdues pour la culture il pourrait atteindre les constructions qui ont échappé de peu aux coulées de juillet 2015 . 

Il est regrettable que les occupants des habitations situées  en aval donc directement concernés par danger imminent n’aient pas pu rencontrer sur le terrain les décideurs des travaux effectués ou  les professionnels spécialistes  qui les ont validés. Que signifie cette attitude? 

 Les demandes faites en ce sens, d’abord verbalement au maitre d'ouvrage : la mairie et au maitre d'oeuvre supposé: RTM, demandes renouvelées par lettre recommandée n'aient pas reçu de réponses à ce jour 

 

          Le fait que des résidents aient bâti leurs habitations en toute légalité avant la construction du pare-avalanche, donc à une époque où il n’y avait pas de risque, devrait jouer en leur faveur et faire en sorte que leur désir de comprendre les mesures prises sur le terrain  soit respecté.  

À suivre…attentivement. Il est certain que le torrent  obéira à nouveau  aux lois de la physique et de la mécanique des fluides sans se soucier d'éventuelles erreurs humaines...

 

 

Ce croquis montre la tourne en vue de dessus et l'emplacement du mur. Sur la droite est représentée une section droite "A" sur laquelle figure l'enrochement qui  diminue de 20%  la section de sortie de la tourne pour les coulées à venir.

 

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T
Simple extrapolation ?<br /> <br /> Déduction, généralisation à partir de données partielles.<br /> Fait de prolonger des faits observés par une hypothèse allant dans le même sens.<br />  (Mathématiques) Estimation de la valeur d'une fonction en dehors des données connues.<br />
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T
La démonstration est convaincante mais arrivera t-on un jour à modéliser de manière assez précise un phénomène cataclysmique de cet ordre pour en calculer les effets et en déduire des préconisations ? La nature est souveraine...surtout à Valjouffrey.
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