Blog se rapportant au territoire du Valjouffrey, entièrement inclus dans le grand Parc des Ecrins. Il traite de la vie locale passée présente et future, de la protection de l'environnement, plus particulièrement de l'eau.
Un conseil municipal s’est tenu le 19 février 2018. Les délibérations issues de ce conseil sont consultables au tableau d’affichage de la mairie.
Cette façon de publier les travaux d’un conseil municipal se révèle inefficace dans une commune où les résidents secondaires sont largement majoritaires. Cette méthode bien que règlementaire est devenue obsolète à notre époque. Elle prive le plus grand nombre, de la possibilité de suivre le déroulement de la vie locale.
Demande a été faite à la mairie d’utiliser le site de la commune pour informer les habitants de l’activité du conseil municipal, comme cela se fait de plus en plus ailleurs. Cette pratique simple et gratuite milite en faveur de de la transparence et du lien social. A Valjouffrey, une telle demande est restée lettre morte. De cette façon un grand nombre d’administrés prennent un retard de plusieurs mois sur le travail de l’équipe municipale
La délibération ci-après a produit un certain émoi chez les auditeurs du conseil.
Monsieur le maire annonce qu’une parcelle lui appartenant, tout près du col de Cote Belle, a été choisie pour édifier une cabane pastorale avec adduction d’eau et tous les aménagements qui permettent à un berger de veiller sur le troupeau.
Ce que les auditeurs du conseil n’ont pas entendu ce jour-là, c’est la règle selon laquelle: « construire sur autrui, c’est construire pour autrui » Autrement dit Monsieur Héritier, deviendra, automatiquement, propriétaire de la
cabane et de ses aménagements financés par la collectivité dès la construction.
Cette cabane sera située au cœur du parc national, dont Monsieur Héritier est président.
Monsieur Héritier n’a probablement pas réalisé que sa générosité pouvait aller jusqu’à céder ces quelques mètres carrés de terre, sans valeur marchande, à la commune pour l’euro symbolique, comme cela se fait habituellement .
Une centaine de parcelles cadastrées dessinent une mosaïque dans ce vallon de Côte belle, comme le montre le fragment de parcellaire ci-dessous.
Parcelle choisie C184
Il est pour le moins troublant après le choix de l’emplacement de la STEP, qu’un nouveau choix se porte sur une parcelle du même propriétaire, pour une nouvelle construction. Une observation fine de l’endroit sur le terrain, montrera si les qualités topographiques et pratiques du lieu choisi sont en rapport avec ce choix.
Ce vallon de la Laisse, Jadis fané par les paysans, puis brouté par quelques dizaines de moutons en liberté, en accueille aujourd’hui un troupeau de plus de mille têtes. Cette situation appelle plusieurs remarques.
Le pastoralisme, comme certains le croient n’est pas une tradition dans ce fond de vallée.
Existe-t-il un berger qui acceptera de séjourner dans une cabane à plus deux mille mètres d’altitude et à trois heures de marche du village ? Ce berger devra prodiguer les soins indispensables aux bêtes, s’assurer qu’elles aient accès à une eau rare dans ce vallon orienté plein sud, rapidement transformé en four après le lever du soleil.
Il devra aussi protéger 24heures sur 24 le troupeau contre les attaques des loups, trouver le temps et l'énergie de transporter sur les pentes raides de lourds rouleaux de filets, planter des centaines de piquets dans la caillasse pour établir des parcs. Il s’occupera aussi de la préparation de ses repas. Dormira-t-il d’un œil, chaussures aux pieds, prêt à bondir à la moindre alerte au loup, déclenchée par les chiens? Il devra aussi se passer de tout lien avec l'extérieur faute de réseau. Les esclaves de jadis ont-ils connu un tel régime?
La Bonne Source a eu l’opportunité d’entendre le récit d’un berger qui est sorti brisé, physiquement et moralement, de cette expérience éprouvante. Il a dû veiller sur un troupeau assoiffé, stressé en permanence par les attaques des loups, il a du s'occuper des restes de brebis dévorées. Il a constaté que dans cette ambiance, les brebis étaient dans un tel état de stress et de nervosité, qu'elles fuyaient à son l'approche!
A-t-on mesuré les conséquences d’une telle concentration d’ovins dans ce vallon au regard de la faune et de la flore : Pelouse alpine et flore dénaturée par excès de fumure azotée, dégradée et livrée à une érosion accélérée par un découpage en tous sens, résultant de multiples sentiers tracés par les brebis?
Ce mitage est particulièrement évident dans les parties pentues.
Les responsables de ces lieux ont-ils pris conscience de l’incidence qu’auront les tonnes de déjections répandues quotidiennement sur les flancs de ce vallon en forme d'entonnoir, sur la qualité de l’eau captée à sa base, pour l’alimentation du village ?
Vient s’ajouter à ce tableau inquiétant, un autre facteur de pollution de plus en plus fréquent, la présence de dépouilles de brebis, abandonnées par les loups.
Extrait tiré du SCHEMA DIRECTEUR D'ASSAINISSEMENT , chapitre eau potable, en page 15.
Un hydro géologue, dans le cadre d’un schéma directeur d’assainissement, a classé ce vallon en 2008: zone protégée, en rapport avec le captage d’eau du village du Désert.
Dans ces conditions, il est difficile de comprendre les raisons pour lesquelles la commune de Valjouffrey fait le choix de ne pas traiter l’eau distribuée aux habitants. lire icihttp://bonne-info.eklablog.net/eau-patrimoine-naturel-local-a126378450
Qu’en dit l’Agence Régionale de la santé. (ARS): "À l’issue de l’analyse des résultats des prélèvements effectués par l’ARS, l’eau mise en distribution sur le réseau de la commune présente des problématiques récurrentes :
Quelques non-conformités en raison de la présence de bactéries coliformes, entérocoques et Escherichia coli sur les différents réseaux de distribution en lien avec la teneur en désinfectant nulle"
(Le texte ci-dessus en gras est extrait du bulletin municipal)
Quand verrons nous disparaître cette gabegie consternante?
Ci-dessous Jigi nous livre son expérience. Son récit nous montre, qu’en plus d’un rêve ou une passion, être de berger est un vrai métier, riche et complexe. Il n’y a pas de place pour l’improvisation.
La bonne source, vous l’aurez compris ne prends pas parti pour l’un quelconque des acteurs dans le cas de Valjouffrey : moutons, bergers propriétaires loups, habitants, nature. Elle constate, que la situation est intenable. Ce que nous avons sous les yeux n’est pas une fatalité…
Nos édiles seront ils en capacité d’analyser les faits? Trouveront-ils des solutions ?…